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Mounawar (folk des Comores)

Mounawar (folk des Comores)


L’Enchanteur d’Anjouan

 



Le Comorien Mounawar est en train de faire son trou sur la scène réunionnaise, grâce à un style indéfinissable qui plaît par sa fraîcheur. Un folk guitare-voix empreint d'Afrique et d'Orient, des textes engagés, un chant et une voix qui ne sont pas sans rappeler ceux de Kéziah Jones. Nul doute qu'avec de telles qualités, vous entendrez à nouveau parler du phénomène Mounawar.

 

 


Lorsqu'on l'interroge sur l'environnement familial qui l'a vu grandir, Mounawar évoque avec respect l'image de ses parents, à qui il doit un double héritage : l'intérêt pour l'école et l'amour de la musique.

 


C'est sur l'île d'Anjouan aux Comores qu'il a grandi, dans une famille où le mot " éducation " rime avec celui de " scolarité ", le plus souvent longue. Par respect pour les efforts consentis par les générations précédentes, Mounawar n'avait donc pas le choix : il décroche à Anjouan son baccalauréat littéraire, avant de partir pour l'Université de Tananarive à Madagascar, validant un DEUG de Droit. Au risque de décevoir sa mère, il ne deviendra jamais avocat tant il semble fait pour la musique.

 

Et s'il est toujours étudiant à 26 ans, c'est dans cette discipline: il apprend l'art des tablas au Conservatoire Régional de St Denis, sous l'autorité d'un illustre professeur, Subhash Dhunoohchand, avec qui il se produit parfois.

 


Le père de Mounawar, Saïd Omar, est un guitariste réputé d'Anjouan, plus connu encore pour son rôle de chef d'orchestre d'un groupe de Twarab (musique originaire de l'île de Zanzibar, qui fait la part belle au chant et aux textes, plutôt destinée aux mariages dans l'archipel des Comores) toujours très populaire aux Comores, animant la plupart des mariages célébrés à Mutsamudu, capitale d'Anjouan.

 

Comme Saïd Omar préside l'association créée autour du groupe, c'est naturellement chez lui qu'ont lieu depuis toujours les répétitions. C'est chez lui également que sont entreposés les instruments. Une chance inespérée pour le jeune Mounawar, qui essaiera plusieurs instruments avant de jeter son dévolu sur la guitare acoustique, qui ne le quittera plus.

 


L'apprentissage musical de Mounawar ne s'arrête pas au Twarab et à ses sonorités orientales, mais passe par une autre musique de mariages, le M'Chogoro, ensemble de percussions traditionnelles (sur un rythme ternaire, comme le maloya) et de chants de fêtes, qui accompagne le marié dans sa marche nuptiale. Enfin le garçon découvre également des airs venus d'Amérique, grâce au radio-cassette paternel qui passe en boucle les solos de guitare de George Benson et de Santana.

 


Mounawar n'est encore qu'un gamin lorsqu'il se retrouve pour la 1ère fois sur une scène, assurant dans l'un des groupes de son père la basse, sur des morceaux reggae et rock. Mais la révélation viendra plus tard, à 11 ans, au cours d'une fête à laquelle son père a convié le célèbre chanteur Maalesh (compositeur afro-arabe qui tire lui aussi son inspiration du Twarab, et qui interprète ses chansons indifféremment en comorien, en swahili ou en arabe).

 

L'exemple de Maalesh fait naître en Mounawar cette interrogation : " Pourquoi pas moi ? ". Il s'inspirera longtemps de cette grande figure populaire comorienne dont il apprécie l'univers musical acoustique, ainsi que la poésie et la sérénité qiu s'en dégagent. Outre Maalesh, Mounawar cite comme influences locales Mikidache, M'Toro Chamou et Bako, Ben Harper ou Keziah Jones pour les influences plus lointaines.

 


Humble il confesse : " Tous ces grands artistes ont trouvé leur style. Moi je cherche encore le mien ". Pourtant le public qui a croisé sa route semble conquis par ce style qui n'en est pas un, appréciant les belles parties de guitare, l'énergie dégagée par une voix aérienne, l'intégration de sonorités issues de l'afrobeat et du funk.

 


Auteur-compositeur-interprête, Mounawar chante des textes écrits en anjouanais, qui ont la plupart du temps une portée politique. L'artiste y dénonce les injustices que vivent au quotidien les Comoriens, la malhonnêteté notoire de certains politiciens, leurs abus de pouvoir répétés…..la situation d'instabilité permanente ainsi que la spirale de la violence qui durent aux Comores depuis trop longtemps.

 

Et contrairement à certains de ses aînés, Mounawar ne résume pas ces graves problèmes à une responsabilité franco-française, mais insiste plutôt sur le rôle joué par les dirigeants locaux qui se sont succédés depuis l'Indépendance en 1975.   

 


Mounawar joue dans les cafés-concerts en trio avec Titi à la flûte et Nico aux percussions. Le groupe accueille une basse et une batterie lorsque le lieu du concert s'y prête.

 



 

Article paru dans l'Azenda n°27 (septembre 2007)

 

Texte : Jérôme Horat

 



Contact Mounawar : 0692 59 30 51

 

site internet : www.myspace.com/mounawar


 

1 commentaire

Avis 9 / 10
Ecrit le 25/06/2008 à 11:28 par namdjid
c'est bien sa evolue a ce que je vois ^^

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