KING COULEUR PEI
Ti Kaz Iva, au Chaudron. Rencontre avec Kaf Malbar, avant son concert au Théâtre en Plein Air. La température va monter à Saint-Gilles.
Kaf Malbar a trouvé son moyen d’expression : le dancehall, mais pas n’importe lequel, « le dancehall KM : mélanzé ek maloya » comme il l’affirme, un sourire au coin des lèvres. Il a réussi à toucher dans le mille les envies du public, nombreux à en croire la foule qui se précipite pour le voir à chaque fois qu’il se produit, c’est du délire ! À l’occasion de ses tournées successives en métropole, il est agréablement surpris de constater que les gens connaissent ses morceaux par cœur. KM a conscience que ce qui a fait son succès, c’est d’avoir su éviter la facilité de titres exclusivement festifs. Il a parfaitement conscience que sa force provient de ses textes travaillés, associés à des riddims faciles à retenir. Chez Kaf Malbar, les mots sonnent, riment pour délivrer un message fédérateur sur des lyrics percutants. Quand on lui demande s’il provoque, il répond d’un rire espiègle et charmeur : « Mwin la pa bézwin provoké, la vilgarité lé pa mon trin, mi lé solman mwin minm » .
KM a trouvé la formule magique qui rassemble la jeunesse, synonyme pour lui d’évolution. Alors il ose, apparemment comme il le faut, car tous ses morceaux deviennent des succès radiophoniques, que ce soit sur un beat maloya, séga ou même dance avec “Formidable tune”. On sent que le King du dancehall maîtrise la situation en agrandissant savamment « sa palette », comme il le dit lui-même, tout en s’offrant la liberté de toucher à tous les styles de musiques : « Si ma la anvi poz si in riddim Michael Jackson, mi poz ». Kaf Malbar sait où il va, tout en étant prudent : « Mwin na linprésyon mi lé dési in vag, lo zafèr i avans tousèl, mi espèr va diré ».
Luciano Mabrouck, originaire du quartier du Chaudron également, suit KM en tant que manager ou plutôt, le soutient en tant que “grand frère” depuis ses débuts en 2001. Grâce à son expérience dans le monde de la musique, notamment au sein de son groupe de reggae Kom Zot, Luciano ne cesse de répéter à KM qu’il faut garder les pieds sur terre et beaucoup de sérieux. C’est, semble-t-il, toujours le cas.
Luciano affirme avec foi : « Pou mwin sé lo méyèr, kan mi di lo méyèr, mi parl dan lansnm sa, li lé konplé ». Kaf Malbar rebondit aussitôt en disant : « Di pa sa, mwin lé konsyan ké mi lé lo prékirsèr dan lo mouvman dancehall larényon mé mi lé pa lo méyèr, néna détrwa dalon i asir dann suond system lé ga underground. Mi èm alé la dan, pou antrèn amwin., pou rèst o nivo » («Ne dis pas ça, j’ai conscience que je suis le précurseur du mouvement dancehall à La Réunion mais je ne suis pas le meilleur, il y a des dalons qui assurent dans les sound systems, disons underground. J’aime aller là-bas pour m’y entraîner»).
Conscient du talent et du potentiel de KM, Luciano épaule tant qu’il le peut la star montante.
Article paru dans l'Azenda n°36 (juillet-août 2008) // Texte : Lorédane Saint-Blancat
En écoute sur : www.myspace.com/kafmalbarofficial
auteur : Kaf Malbar
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